| Arènes
de Lutèce - Rue Monge
C’est
le plus ancien monument de Paris. Construites autour de l’an
200, les arènes de Lutèce sont en effet antérieures aux Thermes
de Cluny. Détruites en grande partie lors de l’invasion « barbare »
de 285, on utilisa nombre de ses pierres pour bâtir des maisons
alentours. (Notamment l’église Saint Etienne qui date de 350).
Ce qui explique leur état pitoyable aujourd’hui.
>Protégé
des pillages pendant douze siècles par une butte (sur laquelle
on avait planté en 1285 un vignoble : le Clos des Arènes),
l’amphithéâtre de Vénus fut finalement redécouvert en 1869,
au moment du percement de la rue Monge. L’exhumation de squelettes
(dont celui d’un géant de 2 m 10 ! Sans doute un gladiateur ! !)
et riches poteries firent alors sensation. Napoléon III se
rendit sur les lieux en avril 1870. Mais l’empereur décida
de tout remblayer.
Il
fallut attendre l’avènement de la république et l’intervention
de Victor Hugo et de l’historien Victor Duruy pour que les
fouilles archéologiques reprennent. La découverte de pièces
de monnaie à l’effigie de Gordien III, (mort en 243) et de
Numérien (décédé en 283) permettront de dater plus précisément
les arènes.
Restaurées
(et partiellement reconstruites) entre 1917 et 1918 grâce
au docteur Capitan, l’ancienne fosse aux lions est aujourd’hui
le rendez-vous des boulistes. Sur les gradins pouvant accueillir
jusqu’à 10 000 spectateurs (Lutèce comptant seulement 20 000
habitants au IIIème siècle de notre ère), des supporters regardent
les champions de pétanque en ignorant superbement les inscriptions
antiques. On aperçoit pourtant distinctement, sur plusieurs
sièges, le nom des abonnés de l’époque : Tetricus, Marcellus,
Verus !
Baudouin
Eschapasse |